Syndicat National des Médecins Français
Spécialistes de l'Appareil Digestif

Les premiers Etats Généraux de la Médecine Spécialisée viennent de se dérouler à Paris le 25 novembre, à l'initiative des Spécialistes de la CSMF (UMESPE).

Las de l'absence de reconnaissance de la médecine spécialisée libérale par les instances publiques, non signataire de la dernière convention quasiment entièrement dévolue à la médecine générale, la CSMF a souhaité par cette manifestation rappeler le rôle majeur que jouent les spécialistes libéraux dans notre système de soins.

En effet, si la médecine générale constitue la base du premier recours, il est temps de reconnaître la valeur ajoutée que constitue l'expertise du médecin spécialiste. Le médecin généraliste ne peut (et ne veut) pas tout gérer, et la gestion des maladies chroniques notamment nécessite l'expertise du spécialiste.

Les intervenants à cette journée ont cependant convenu qu'il ne fallait pas tomber dans l'opposition stérile entre soins de premier et de second recours, et qu'il était nécessaire de faire évoluer notre système de soins vers une meilleure coordination entre ces deux niveaux, sur la base entre autres des Communauté Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS), mais aussi du modèle des MVZ allemandes. Les MVZ sont des centres autonomes de soins de ville privés, dirigés par des médecins, regroupant généralistes et différentes spécialités.

La question de la rémunération était bien sûr à l'ordre du jour. Si notre pays consacre une part importante de sa richesse aux dépenses de santé (11 % du PIB), une forte proportion de ce financement va aux structures hospitalières, et le virage ambulatoire tant annoncé tarde à se concrétiser en termes de transfert de financement vers les soins de ville. Nous nous devons de répéter que la valorisation des actes des spécialistes est très en dessous de la moyenne des pays de l'OCDE et doit donc être revue à la hausse, quel que soit le payeur.

Enfin, la pertinence et la qualité des soins étaient à l'ordre du jour. La revalorisation de nos honoraires passera aussi par un engagement de la profession sur ce plan-là. A l'heure où certains parlent de recertification, mot qui nous paraît à bannir, et où les directions d'établissements reçoivent des ARS leur Contrat d'Amélioration de la Qualité et de l'Efficience des Soins (CAQES) qui engagent la pratique médicale (et qu'ils ne devraient pas signer sans consultation des CME…), les médecins spécialistes doivent s'engager dans des démarches de qualité des soins et d'innovation qui leur permettront d'imposer leur haut niveau d'expertise, quitte à accepter de déléguer certaines tâches…

Le bilan des débats de ces premiers Etats Généraux de la Médecine Spécialisée servira de base aux négociations futures.

Dr Frédéric CORDET

Secrétaire Général

vendredi 10 novembre 2017

Hommage au Docteur Claude MAFFIOLI

Mon Cher Claude, 
Photo Claude MAFFIOLI 2
C’est avec une très profonde tristesse que nous sommes tous réunis ce matin pour te rendre un dernier hommage. Tu devines l’émotion que j’ai ressentie quand ton épouse Béatrice m’a demandé de prendre ici la parole. Tu sais aussi combien je suis bouleversé de prononcer ici, une dernière fois à tes côtés, devant les tiens et tous ceux qui t’aiment et t’ont tant aimé, un message d’adieu qui, bien plus qu’un éloge tristement funèbre, est d’abord un immense témoignage d’affection et de gratitude.

Nous nous sommes rencontrés la première fois il y a un peu plus de vingt ans. A l’époque, le jeune chef de clinique que j’étais était sur le point de rejoindre le cabinet de gastroentérologie de Courlancy, ce cabinet que l’on appelait le “Cabinet Maffioli”. Nos premiers entretiens avaient lieu chez toi, le soir, dans un appartement où mon regard avait été d’emblée attiré par un piano à queue et des soldats de plomb. J’étais alors impressionné de découvrir que l’homme si engagé que tu étais, à Reims comme au plan national, gastroentérologue libéral éminent et Président de la CSMF, pouvait trouver le temps de peindre délicatement les uniformes des soldats de l’empire et de jouer quelques sonates sur ce piano magnifique… De ces premiers moments, je garderai le souvenir d’un homme posé, attentif et extrêmement bienveillant, à l’écoute du tout jeune confrère un peu inquiet que j’étais alors, avant son grand saut dans le monde libéral si peu enseigné à l’hôpital. Avec recul, je ne doute pas que nous ayons partagé à quelques années d’intervalle les mêmes questionnements. Tu avais toi même rejoint en 1978 ce cabinet fondé par Sacha Ségal. Sacha était l’un de pionniers de l’endoscopie digestive. Avec son ami Jean Marie Dubois de Montreynaud et le Professeur Charles Debray, il avait mis au point un œsophagoscope rigide à quartz. Ton arrivée au cabinet a apporté un nouveau souffle dans le domaine de l’endoscopie thérapeutique. Ta maîtrise du cathétérisme des voies biliaires était telle que ton recrutement dépassait très largement celui de la région Champagne Ardennes. Avec cette parfaite maitrise technique et une si profonde connaissance médicale, tu as eu soif de développer un cabinet médical d’exception. Combien de fois ne m’as tu pas dit que le plus important était là ? Combien de fois ne m’as tu pas expliqué qu’il fallait accueillir les meilleurs et leur donner tous les moyens de s’épanouir dans leur vie professionnelle ? Tu as ainsi, dans la continuité de Sacha Ségal et de Jean Diot, donné ses lettres de noblesse à notre cabinet mais aussi contribué à la grandeur du Groupe Courlancy Santé, aux côtés de ton ami Jean Louis Desphieux. Ta soif de savoir et ton souci permanent de le transmettre ont permis à des générations de gastroentérologues de se former à tes côtés. Tu as ainsi développé à Reims des Journées de formation en endoscopie. Ces journées ont ensuite été fusionnées avec les journées lilloises et celles de Saint Laurent du Var pour donner naissance à Vidéodigest, congrès qui sous l’impulsion de ton ami et compagnon de route Jean-François Rey est devenu le premier congrès international consacré à l’endoscopie digestive.

Parallèlement à ton engagement scientifique confirmé par de nombreuses publications, tu as été à l’origine de l’organisation de la gastroentérologie libérale. Les premiers cabinets de groupe étaient nés entre 1960 et 1970. L’endoscopie en était à ses tout débuts et les gastroentérologues libéraux s’associaient autour de plateaux techniques de radiologie. Après quelques entretiens aux Journées Francophones de Pathologie Digestive de Versailles en Mars 1980, 19 gastro-entérologues libéraux se sont retrouvés à Condrieu, en décembre 1981, pour fonder le CREGG, club de réflexion des gastro-entérologues. Le CREGG allait alors poursuivre 3 objectifs principaux : optimiser les conditions d’exercice des gastro-entérologues déjà organisés en cabinets de groupe, encourager et promouvoir les travaux intellectuels et scientifiques qui étaient l’apanage des seules équipes hospitalo-universitaires, et s’impliquer dans une activité syndicale aussi nécessaire que novatrice. Aussi surprenant que cela puisse être, il a fallu plusieurs tours de table pour tu acceptes de te dévouer à l’action syndicale, comme nous le souhaitions tous, parce que nous savions que le salut de notre dynamique professionnelle ne pouvait passer que par ton engagement. Chacun connaît ici ton parcours exceptionnel qui de la Présidence du SYNMAD t’a amené à prendre la Présidence de l’UMESPE puis pendant dix ans celle de la CSMF avant de devenir le Président du Centre National des Professions de Santé puis de l’Union Nationale des Professions Libérales, et de faire ton entrée au Conseil Economique, Social et Environnemental et d’être le premier médecin libéral à rejoindre le collège de la Haute Autorité de Santé. Il m’est difficile de témoigner de ces diverses fonctions que tu as occupées pendant de longues années. Je me souviens simplement de mes premiers pas à la CSMF puis à la FSM où ton nom est toujours synonyme d’un engagement sans faille et déterminé mais aussi d’une totale disponibilité, généreuse et charismatique, et d’une profonde humanité fondée sur l’écoute et le respect de chacun de tes confrères.

Permets moi, très cher Claude, de citer quelques réactions reçues depuis la si douloureuse annonce de ta disparition. Notre ami le Dr Bruno Richard-Molard évoque avec beaucoup de tristesse mon associé prestigieux auquel la discipline doit tant, et l’homme adorable et le grand médecin que tu as été. Le Professeur Olivier Goeau Brissonnière, Président de la Fédération des Spécialités Médicales, salue avec beaucoup de tristesse l’humaniste qu’il a connu, côtoyé, écouté et suivi. Il te demandait souvent conseil et nous a rappelé comment, avec sagesse, pragmatisme et conviction tu lui disais : « Regarde l’horizon, avance d’un pas, recule de deux sans te renier, puis avance de trois… ».

Oui, Claude, tu étais à la fois un grand médecin dont beaucoup de patients, aujourd’hui encore, en consultation, rappellent souvent les grandes qualités humaines et l’immense compétence, un scientifique qui a su impulser l’ère nouvelle de l’endoscopie digestive, mais aussi un homme de conviction et un humaniste salué par ceux qui ont eu la chance de travailler à tes côtés, et qui ressentaient en toi l’archétype de la confraternité.

Pour ma part, je garderai avec beaucoup d’émotion le souvenir de nos rencontres boulevard Péreire, chez toi à Paris, où en compagnie de Béatrice ou parfois seuls, nous échangions analyses et projets, toujours nourris du désir de contribuer au mieux au bien-être des patients et à la qualité des soins.

La vilaine maladie que tu as si longtemps affrontée n’a jamais terni ton ardeur intellectuelle à encourager l’avenir de la gastroentérologie, à souligner la qualité de la médecine libérale, à construire le devenir de la Santé en France dans le respect de toutes les professions qui s’y impliquent et dans le constant souci de veiller d’abord au respect des patients, de leur souffrance physique et psychique, et de leur nécessaire contribution à nos propres efforts.

A l’heure de te dire au revoir et de présenter mes très sincères condoléances à Béatrice et à tes proches, je tenais par ces quelques mots, et du plus profond de moi, à te dire merci.

Franck DEVULDER

Lundi soir dernier disparaissait le Dr Claude Maffioli des suites d’une longue maladie. Claude Maffioli a marqué toute une génération de médecins. Son œuvre dans l’organisation de la gastroentérologie et la défense d’une certaine idée de la médecine libérale fera date. Claude Maffioli, d’origine italienne, était né à Paris. Après un internat et un clinicat à Reims, il a intégré le cabinet de gastro-entérologie de la clinique Courlancy en 1978. Rejoignant Sacha Ségal, l’un des pionniers de l’endoscopie moderne, il y a développé l’endoscopie thérapeutique. Son aura et sa maitrise dans le cathétérisme des voies biliaires ont contribué à la réputation de ce cabinet et du Groupe Courlancy. Dès le début de son installation, Claude Maffioli a eu soif de transmettre son savoir et de permettre au plus grand nombre de se familiariser avec les développements de l’endoscopie.

Créateur des journées nord lotharinghiennes de gastroentérologie, il a contribué avec ses amis Jean Stéphane Delmotte, Philippe Houcke, Jean François Rey et Robert Castro à la création de Vidéodigest. En 1981, à Condrieu, Claude Maffioli faisait partie des 19 fondateurs du CREGG. C’est aussi à Condrieu qu’il s’est engagé dans l’action syndicale, à la demande pressante de ses confrères et amis. Après quelques années en tant qu’administrateur, il a rapidement pris la Présidence du SYNMAD. Homme visionnaire et de conviction, Claude Maffioli s’est imposé au sein du syndicalisme médical. Entre 1989 et 1992, il a présidé l’UMESPE avant de devenir pendant 10 ans le Président de la CSMF.

Principal artisan de l’opposition à la maitrise comptable et aux ordonnances Juppé, il a avec détermination et intelligence engagé la CSMF dans la voie d’un syndicalisme réformateur. Président du Centre national des professions de santé (CNPS) de 1995 à 1999, il a par la suite présidé l'Union nationale des professions libérales (UNAPL) de 2004 à 2007. Il a également été membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese) et le premier médecin libéral, de 2004 à 2009, à devenir membre du collège de la Haute autorité de santé (HAS), dont il a notamment présidé la commission d’évaluation des actes professionnels.

Le SYNMAD, le CREGG, la CSMF et l’ensemble du monde de la Santé rendent hommage à cette grande figure du syndicalisme qui a marqué l’histoire de la médecine libérale. Claude Maffioli était un guide au charisme exceptionnel, un défenseur intransigeant du corps médical et un visionnaire de la médecine libérale moderne.

A titre personnel, je garderai de mon ami Claude Maffioli l’image d’un homme de grande culture, discret, de conviction, et exprimant constamment et avec une profonde bienveillance toutes les valeurs essentielles de la confraternité et de l’humanisme. A Reims, Claude a su donner ses lettres de noblesse à notre cabinet médical. Il défendait avec force le modèle singulier du Groupe Courlancy qui a su rester administré par une direction médicale.

En notre nom à tous, permettez moi d’adresser un message de sympathie et d’affection à son épouse Béatrice et à ses proches et de leur présenter nos très sincères condoléances. Permettez moi de saluer avec vous la mémoire inaltérable de ce grand monsieur à qui nous devons tant.

Merci pour tout, Cher Claude,

Dr Franck DEVULDER

Président

Le SYNMAD a la douleur de vous faire part du décès, survenu hier, du Docteur Claude MAFFIOLI, ancien Président du SYNMAD, de l'UMESPE et de la CSMF. Au nom du Conseil d'Administration, nous adressons nos pensées attristées et nos très sincères condoléances à Béatrice, à sa famille et à ses proches.

Dr. Franck DEVULDER

Président

- Tous unis. Tel était le titre du premier journal du mois relayant le communiqué de presse publié le 6 octobre dernier par plus de 50 sociétés scientifiques médicales, paramédicales et professionnelles, tous signataires d’un document soutenant la politique en faveur de la prévention des maladies infectieuses mise en œuvre par le Gouvernement et la Ministre de la Santé et demandant à ce que cette politique vaccinale soit étendue aux adolescents avec le vaccin contre le papillomavirus. Malgré les insultes, les intimidations et les injures que j’ai personnellement reçues après l’envoi de ce journal, je reste intimement persuadé que nous devons tenir bon et saluer cette politique courageuse en faveur de la vaccination, entre autres contre le papillomavirus générateur d’infections auxquelles nous sommes si souvent confrontés dans notre exercice professionnel. Il est tout à fait surprenant que les attaques personnelles dont j’ai pu faire l’objet proviennent de certains de nos confrères médecins exerçant la même activité que la nôtre. Pour reprendre le propos de Madame Agnès BUZYN à la CHAM, « la rationalité doit prévaloir sur l’obscurantisme ».

- Détection des lésions digestives : l’importance des nouvelles technologiesNous le savons depuis quelques années, la semaine asiatique de pathologies digestives qui s’est tenue fin septembre à HONG-KONG l’a fortement rappelé, l’endoscopie à haute définition est un progrès incontestable. Il faut utiliser toutes les facettes de ses progrès au quotidien et améliorer encore et encore la détection des cancers superficiels de l’estomac et le dépistage du cancer colorectal avec deux objectifs : diminuer le nombre de polypes oubliés et de cancer d’intervalle.

- L’intelligence artificielle en endoscopie digestive. Le terme intelligence artificielle vient frapper aux portes de la prise en charge médicale. Cette intelligence artificielle doit être distinguée des algorithmes décisionnels qui, chaque jour un peu plus, nous aident à améliorer la prise en charge des patients. Ce papier rapporté par le Docteur Jean-François REY rappelle combien ces progrès technologiques peuvent être une aide pour chacun d’entre nous en utilisant l’endocystoscopie qui, après avoir repéré les lésions, les avoir caractérisées en NBI, pourront être fortement grossies permettant à l’ordinateur d’approcher le diagnostic précis des lésions dysplasiques ou néoplasiques avec une spécificité et une sensibilité extrêmement élevée. On voit ainsi combien notre pratique médicale va encore évoluer considérablement dans les années à venir au service des patients et dans le but de voir reculer les pathologies tumorales digestives.

- OPTAM : où en sommes-nous ? Cet e-journal du SYNMAD nous a permis de rappeler les grandes règles de fonctionnement de l’OPTAM (Option Pratique Tarifaire Maîtrisée) qui fait suite au Contrat d’Accès aux Soins dans la nouvelle convention médicale. Il permettra à chacun d’entre vous de se positionner et d’avoir tous les éléments de réponse nécessaires avant l’adhésion à ce contrat.


Dr Franck DEVULDER

Président

Comme vous le savez tous maintenant, la nouvelle convention médicale a vu évoluer le Contrat d’Accès aux Soins qui devient l’OPTAM (Option Pratique Tarifaire Maîtrisée). Les conditions d’éligibilité restent les mêmes en ce qui concerne l’ensemble des médecins Secteur 2 et également les médecins Secteur 1 installés avant le 1er janvier 2013 ayant des titres qui leur auraient permis d’accéder au Secteur 2. La convention renforce le caractère optionnel et réversible de l’adhésion à ce contrat. Contrairement au Contrat d’Accès aux Soins, l’OPTAM prendra en compte les activités mixtes exercées par ceux d’entre nous travaillant à la fois en cabinet de ville ou en clinique privée mais également dans des structures dont le financement inclus la rémunération des médecins comme peuvent l’être les ESPIC (Etablissement de Santé Privé d’Intérêt Collectif). L’autre grande nouveauté concerne la dégressivité de l’aide pour éviter le tout ou rien qui rendait difficilement acceptables et souvent injustes certains aspects du Contrat d’Accès aux Soins. Ainsi quand l’écart par rapport au contrat fixé par chacun sera de 1 à 2 points, le versement de la rémunération spécifique prenant en charge les cotisations sociales des actes effectués à tarif opposable sera de 90%. Elle sera de 70% lorsque l’écart est de 2 à 3 points, de 50% en cas d’écart de 3 à 4 points, de 30% en cas d’écart de 4 à 5 points et aucune rémunération ne sera perçue lorsque l’écart dépassera les 5 points. Pour ceux d’entre nous qui exercent en structure de groupe, ils pourront choisir individuellement entre leur taux personnel calculé à partir des activités des années 2013, 2014 et 2015 ou le taux moyen du groupe. Malheureusement, et pour nombre d’entre nous, ce taux moyen n’a pas encore été calculé par la CNAMTS supprimant de facto ce choix que la convention nous propose. Le Directeur de l’offre de soins de la CNAMTS a assuré par écrit au SYNMAD que nous disposerions avant la fin du mois de novembre, pour tous les cabinets de groupe, du taux moyen d’engagement dans l’OPTAM et que les signataires pourraient modifier leur choix en parfaite connaissance de cause. Reste le problème des plus jeunes d’entre nous qui n’exerçaient pas entre 2013 et 2015 et qui, à la lecture actuelle de la convention faite par l’Assurance Maladie, n’ont d’autre choix que de choisir le taux régional qui leur sera proposé. Le SYNMAD a très récemment sensibilisé Monsieur Nicolas REVEL, Directeur Général de la CNAMTS, sur ce sujet. Nous considérons en effet qu’il est important que les plus jeunes d’entre nous puissent avoir le choix entre ce taux moyen régional et le taux moyen du cabinet qu’ils rejoignent. Nous avons été écoutés et espérons que l’arbitrage de Monsieur REVEL tiendra compte de cette remarque facilitant l’accès des plus jeunes à l’OPTAM et uniformisant les pratiques dans des cabinets de groupe où la répartition des honoraires est assez souvent équitablement répartie pour un temps de travail identique.

Qu’en est-il aujourd’hui de la montée en charge des contrats OPTAM et OPTAM-CO, contrat exclusivement ouvert pour les chirurgiens et obstétriciens à l’exclusion des médecins y compris les proctologues gastroentérologues. Aujourd’hui, 11829 médecins ont adhéré à l’OPTAM ou à l’OPTAM-CO dont 2342 nouveaux adhérents. 9487 d’entre eux étaient signataires du CAS. Parmi les médecins Secteur 2, 8752 ont adhéré à l’OPTAM dont 1059 d’entre eux sont de nouveaux installés. Ces adhérents Secteur 2 sont pour 80% des médecins et pour 20% d’entre eux des chirurgiens ou des obstétriciens ayant adhéré à l’OPTAM-CO. Au total, plus d’1 médecin secteur 2 sur 3 a, à ce jour, adhéré à l’OPTAM ou à l’OPTAM CO. Outre ces chiffres nationaux, il est intéressant de s’intéresser à la répartition géographique. Tout comme pour le Contrat d’Accès aux Soins, le nombre d’adhésion à l’OPTAM est significatif dans les régions du Nord, de l’Est, du Centre et de l’extrême quart du Sud Ouest à l’exclusion du département du Nord, de l’Alsace, d’une partie de la façade atlantique, de Rhône-Alpes, de la région PACA et de Paris.

L’explication tient très probablement dans les niveaux de compléments d’honoraires dont on sait qu’ils sont différents en fonction des villes et des régions françaises.
 
Dr Franck DEVULDER

Président
Octobre 2017

- René LAMBERT : un visionnaire. Le 5 août 2017 nous quittait le Professeur René LAMBERT. Son compagnon de route, le Docteur Jean-François REY, lui a rendu en son nom personnel et au nom de toute la gastroentérologie, un hommage émouvant, appuyé, respectueux et admiratif devant l’un des pères de l’endoscopie digestive. Au nom de l’e-journal et en votre nom à tous, permettez-moi de m’associer à ce message et de présenter à son épouse, sa famille, et ses élèves, nos très sincères condoléances. 


- MVZ : le modèle allemand est-il transposable en France ?
 A l’instar de nos maisons de santé pluridisciplinaires développées dans des territoires de santé peu richement dotés en médecins généralistes et de paramédicaux, les allemands ont mis sur pied depuis 2004 des « centres de santé ambulatoires pluridisciplinaires » dénommés MVZ. Ils y accueillent essentiellement des médecins de différentes spécialités mais également des paramédicaux. Ces MVZ ont été fondées pour 40% d’entre elles par des médecins conventionnés et pour 40 autre % par des hôpitaux. Elles sont aujourd’hui au nombre de 2 156 et regroupent plus de 14 000 de nos confrères allemands. 13 000 d’entre eux ont fait le choix d’une activité salariée, les autres exerçant avec un statut libéral. A l’heure où le parcours de soins et les territoires de santé sont au cœur de toutes les réflexions politiques, nous devons certainement nous interroger sur des centres de consultation où, avec un statut libéral, nous pourrions proposer un accès aux soins en médecine spécialisée dans des territoires où cette offre a aujourd’hui disparu. Certaines régions l’ont déjà compris. Cette évolution ne peut se concevoir sans un coup de pouce incitatif à une valorisation des honoraires de ceux d’entre nous qui feront cet effort et par la mise en œuvre d’un financement de téléconsultation et de téléexpertise pouvant venir en relai de consultations physiques dans certains cas et dans des territoires avancés. 

- Revenus des libéraux et comptes de la santé en 2015 : cet e-journal du SYNMAD rédigé par le Docteur Frédéric CORDET revient en détail sur la récente publication par la DREES des revenus des médecins libéraux. On retiendra que plus d’un hépato-gastroentérologue sur deux a une activité mixte, libérale et salariée, et que 30% d’entre nous exercent en secteur 2. On constatera également une augmentation de notre revenu moyen annuel en hausse de 2.5% entre 2014 et 2015, hausse à mettre au crédit essentiellement d’une plus grande activité professionnelle. Dans cette même étude, la DREES publiait également les comptes de la santé en 2015 : la consommation de soins et de biens médicaux est en hausse de 1.8% représentant 8.9% du PIB. Le reste à charge continue à baisser et nous place en tête des pays de l’OCDE sur ce plan. Cela doit nous conforter dans la justesse de notre combat contre un tiers payant généralisé pour tous.


Dr Franck DEVULDER
Septembre 2017

En Allemagne, le système des soins médicaux est basé sur une séparation stricte entre les soins hospitaliers et la médecine de ville. En ce qui concerne la médecine de ville, le secteur de l’assurance maladie obligatoire, couvrant 80% de la population, est très réglementé par la loi et l’union fédérale des médecins conventionnés. Depuis 2004, la loi a instauré la possibilité de création de « centres de santé ambulatoires pluridisciplinaires » dénommés MVZ. Les MVZ sont des institutions de médecine de ville, soumises aux règlements de l’union des médecins conventionnés, obligatoirement dirigées par un médecin, où travaillent des médecins conventionnés ou le plus souvent des médecins salariés. L’offre y est pluridisciplinaire au sein de MVZ de tailles et de structures très différentes. Ces MVZ peuvent être élaborées par des médecins conventionnés, des hôpitaux, des centres de dialyse, des organisations de santé conventionnées d’intérêts communs, ou des communes. Leur statut est privé sous forme de sociétés civiles ou de sociétés à responsabilité limitée. Les motivations et avantages des MVZ sont divers. Pour les médecins, les MVZ permettent la mise en place d’emplois à temps partiel, et de se concentrer sur l’exercice médical en centralisant les tâches administratives. Ces MVZ n’engagent pas le médecin sur le plan économique. Elles lui permettent des échanges interdisciplinaires continus et d’accéder à des plateaux techniques coûteux. Côtés patients, les MVZ offrent la possibilité de trouver, sous un même toit, une offre pluridisciplinaire et pluriprofessionnelle au sein d’une organisation structurée permettant une pérennité des soins, entre autres, en zone rurale. Les hôpitaux ne s’y sont pas trompés. Ils voient au travers des MVZ l’opportunité de s’établir dans le secteur ambulatoire, d’y attirer une patientelle nouvelle, de transférer certaines prestations dans le secteur ambulatoire et d’organiser un réseau de soins. Le payeur et les caisses d’assurance maladie voient au travers des MVZ la possibilité de réduire les frais de soins par une diminution de l’hospitalisation, des actes doubles et en pouvant négocier des contrats et des forfaits directement avec les MVZ.

En une dizaine d’années, le nombre de MVZ a augmenté de plus de 223%. Ces MVZ sont aujourd’hui au nombre de 2156. Plus de 14 000 de nos confrères allemands y travaillent dont près de 13 000 en tant que médecins salariés. En moyenne les MVZ accueillent 6.6 médecins. Elles ont été fondées pour 40% d’entre elles par des médecins conventionnés et pour 40% par les hôpitaux. Les disciplines prédominantes sont les médecins généralistes, les internistes, au sein desquelles dans le système allemand on trouvera les cardiologues, gastroentérologues et pneumologues, et les chirurgiens. Ces MVZ sont réparties à plus de 45% dans les grandes villes et à près de 40% dans les villes de taille moyenne. Elles sont installées dans les régions rurales pour 14% d’entre elles.

Aujourd’hui, les enjeux et les défis qui s’ouvrent devant ces MVZ sont divers. Ces structures sont en effet relativement nouvelles. Elles sont hétérogènes dans leur organisation et les modes de travail qui sont encore le plus souvent en phase d’essai. En Allemagne, le cadre juridique de l’exercice médical libéral est très strict et bien différent du cadre hospitalier tant en ce qui concerne les autorisations d’installation, les prestations dont certaines sont soumises à autorisation préalable que la rémunération. En ce qui concerne la stratégie et l’aspect économique des MVZ, les médecins allemands craignent aujourd’hui que la séparation de la responsabilité économique et de la responsabilité médicale puisse entrainer un manque d’investissement personnel des médecins dans la gestion de leur structure. L’arrivée en nombre des hôpitaux et cliniques comme promoteurs des MVZ sont aux yeux de nos confrères allemands un risque de dérapage quant à la stratégie et aux motivations qui ont conduit à la création de ces MVZ risquant de devenir une source importante de recrutement des secteurs ambulatoires. Enfin, et finalement comme chez nous, le recrutement des médecins et des auxiliaires médicaux se fait de plus en plus difficile.

Alors à ce stade, peut-on imaginer que le modèle MVZ soit reproductible chez nous ? Certainement pas, diront les plus attachés au secteur libéral qui constateront à la lecture de cet article que le salariat a très largement pris le pas sur l’activité libérale. Certainement, diront les autres qui réfléchissent au parcours de soins et à l’organisation territoriale de la santé. Sur ce plan, et comme cela se fait dans certaines régions, et entre autres en Champagne-Ardenne, il est de notre ressort, à nous les médecins spécialistes, d’organiser un maillage territorial dans l’offre de soins. Il est de notre ressort de réaliser des consultations avancées dans des territoires moins richement dotés improprement appelés déserts médicaux. Cette offre de soins doit être pluridisciplinaire. C’est en les créant que nous pourrons ensuite agir sur trois leviers aujourd’hui inexploités :

-celui d’un rapprochement sur ces centres de consultation pluridisciplinaires et pluriprofessionnels des médecins spécialistes et des médecins généralistes en y associant les personnels paramédicaux.
-celui d’une nécessaire tarification supplémentaire pour ceux d’entre nous qui feront l’effort d’offrir une offre de soins dans des territoires où les services de l’Etat puis toute une économie et enfin souvent la médecine ont pas à pas disparu.
-enfin, celui de la mise en œuvre d’un financement de téléconsultation et de télé-expertise venant en relai des consultations physiques dans des territoires avancés.

Les enjeux du parcours de soins des territoires sont au cœur de la réflexion sur l’avenir de notre système de santé. Nous devons nous y intéresser et être proactifs dans ce domaine.

 
Dr Franck DEVULDER

Président

La DREES publie une nouvelle mouture des revenus des médecins libéraux. Elle prend en compte l’ensemble des revenus de l’activité libérale, salariée, et les dividendes pour ceux qui exercent en SEL, expliquant la différence avec les chiffres de la CARMF. On peut d’emblée noter que les radiologues contestent le montant moyen de revenu qui leur est attribué et qui les placent en tête de gondole ! En effet, ils sont agrégés avec ceux des radiothérapeutes et des médecins nucléaires !

53,4 % des gastro-entérologues ont une activité mixte (libérale et salariée), et 30,1 % exercent en secteur 2. Leur revenu moyen en 2014, tous secteurs confondus, était de 134770 euros, soit une hausse de 1,8 % sur les dix dernières années, et de 1,2 % sur les 4 dernières, la DREES notant que pour la majorité des spécialités, les revenus ont évolué dans le même sens que les honoraires.

Le revenu moyen des gastroentérologues en activité libérale pure en 2015 (estimation provisoire) est de 120300 euros tous secteurs, en hausse de 2,5 % par rapport à 2014 (+3,1 % pour les secteurs 1). On peut être un peu surpris du revenu supérieur avec activité mixte…et du taux si important de gastro-entérologues ayant une partie de revenu salarié.

Nous sommes donc dans une dynamique positive, contrairement à certaines spécialités, même si ces bons résultats sont bien sûr à mettre en partie sur le compte d’une activité en hausse. Et si l’on met en parallèle l’augmentation de la fiscalité, on peut dire que la médecine libérale, c’est travailler plus pour gagner moins !

D’où l’importance pour le Synmad de continuer à protéger nos actes de base, de négocier la rémunération des « nouvelles » techniques, et de travailler à la valorisation de la qualité de nos pratiques.

La DREES publiait en même temps les Comptes de la Santé 2015.

La consommation de soins et biens médicaux a représenté 8,9 % du PIB en 2015, en faible hausse de 1,8 %. Elle est financée à 76,8 % par la Sécurité Sociale, à 13,3 % par les Organismes Complémentaires (OC), et à 8,4 % directement par les ménages (même si une partie des cotisations des complémentaires sont réglées aussi par eux…). Ce qui est appelé le Reste à Charge continue à baisser, et nous sommes le pays de l’OCDE où il est le plus faible.

A l’heure où l’on nous rabâche à longueur d’articles et de discours politiques qu’il existe dans notre pays des difficultés financières à l’accès aux soins médicaux, alors que l’on sait qu’il s’agit d’une contre-vérité résultant entre autres d’amalgames avec les soins optiques et dentaires, il est intéressant de rappeler l’effort important fait par la collectivité dans notre pays pour la santé, permettant une limitation du reste à charge pour les ménages notamment dans les soins de ville, malgré la réduction de la part des OC du fait du plafonnement des « contrats responsables ».

Et qu’il est donc parfaitement inutile de vouloir nous imposer un tiers payant généralisé qui n’a que pour mission de réduire la liberté de l’exercice libérale.

Dr Frédéric CORDET
Secrétaire Général SYNMAD
Septembre 2017

 

jeudi 24 août 2017

RECHERCHE SUCCESSEUR

En raison de la cessation d'activité en Octobre 2018 :

Cabinet de groupe de 5 médecins, secteur 1, partage d'honoraires, dans clinique moderne avec équipe médico - chirugicale :

- activité endoscopique diagnostique et thérapeutique classique,

- CPRE et écho-endoscopie,

- vidéo capsule,

- hépatologie,

- prise en charge des MICI,

- proctologie chirurgicale classique,

- activité en plein développement, pas de participation à la PDS, urgences internes à l'établissement seulement, collaboration étroite avec radiologie interventionnelle et important centre d'oncologie du même établissement,

Possiblité d’association avant l’échéance ci-dessus

à TARBES, cadre et confort de vie +++ , 45 minutes des pistes de ski , proche Océan, Espagne, 2 aéroports sur place ....

Contact : Docteur EDOUARD Régis - tel PERSONNEL 06 11 71 08 10  et BUREAU  05 62 31 45 97

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