Syndicat National des Médecins Français
Spécialistes de l'Appareil Digestif

- La pertinence des actes en gastroentérologie. Parmi les quatre priorités de la stratégie nationale de santé 2018-2022, le Gouvernement a souhaité garantir la pertinence et la qualité des soins. Les gastroentérologues, réunis au sein du CNP HGE, ont, à l'initiative de la SFED, pris de l'avance avec la publication des critères de qualité de la coloscopie et des critères de qualité des comptes-rendus de coloscopie. Le CNP HGE travaille, aujourd'hui, sur le support informatique qui nous permettra d'atteindre ces objectifs de qualité et de pertinence que nous devons mettre en œuvre pour réduire l'incidence du cancer colorectal en France. Cela ne pourra s'envisager sans une co-construction avec le Ministère de la Santé et la CNAM. Cette co-construction nécessitera à nos yeux un engagement fort des pouvoirs publics afin de nous donner les moyens financiers et matériels d'être une des premières spécialités clairement engagées dans la pertinence.

- HENE494, ne boudons pas notre plaisir. Le travail mené par le SYNMAD et toute la profession, réunie au sein du CNP HGE, permet la publication au Journal Officiel d'un nouvel acte HENE004 correspondant à la destruction localisée de la muqueuse de l'œsophage par radiofréquence par oesogastroduodénoscopie. Cette avancée était attendue et le travail acharné et sérieux de tous a permis cette victoire si importante pour la prise en charge de nos patients.

- Les services apportés par le SYNMAD. Cet eJournal de la semaine dernière a été consacré aux services apportés par le SYNMAD à ses seuls adhérents. Ces services sont issus d'un partenariat avec deux assureurs majeurs. Le partenariat avec AG2R LA MONDIALE permet, aux adhérents du SYNMAD, de bénéficier d'une aide personnalisée en vue de leur retraite. Celui initié avec la MACSF donne aux adhérents du SYNMAD des conditions tarifaires tout à fait avantageuses pour leur cotisation en responsabilité civile, professionnelle et juridique. D'autres partenariats sont en cours d'élaboration, en particulier en ce qui concerne une plateforme de télémédecine et nous reviendrons rapidement vers tous les gastroentérologues pour les en informer.

 

Dr. Franck DEVULDER
Président
Avril 2019


Résultats des élections du SYNMAD

MEMBRES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION

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Dr. C. 22/04/2019

Cher Ami,

Je viens d'apprendre par l'ordre du jour de convocation à l'assemblée générale ordinaire de la copropriété où se trouve mon cabinet (premier étage) qu'il existe un projet d'installation d'un système de limitation d'accès à l'ascenseur par badge (VIGIK).
Si ce système était installé, il est évident que mes patients ne pourraient plus prendre l'ascenseur notamment ceux qui sont en chaise roulante… !.
Existe-t-il une jurisprudence qui interdit de voter l'installation de ce genre de dispositif lorsqu'il existe un cabinet médical dans une copropriété ?
En vous remerciant par avance,


Réponse du SYNMAD - 23/04/2019

Cher Ami,

Ce sujet revient régulièrement.

Les travaux visant à sécuriser l'accès aux parties communes (Interphone, Digicode, Vigik à badge électronique, vidéosurveillance...) sont votés à la majorité de l'article 25, c'est-à-dire à la majorité des voix de tous les copropriétaires présents, représentés ou absents à l'assemblée générale. La décision de fermer totalement les accès de la copropriété par un dispositif de verrouillage permanent (Vigik, par exemple) est donc assez facile à obtenir, d'autant qu'elle peut être adoptée, si nécessaire, par un second vote à la majorité de l'article 24 (majorité exprimée des copropriétaires présents ou représentés). Toutefois, selon l’article 25-1 (loi de 1965 modifiée en 2007), le second vote à la majorité prévue par l’article 24 n’est possible que si le projet a recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires composant le syndicat.

Cependant, la décision de fermeture totale de l'immeuble doit être compatible avec l'exercice d'une activité professionnelle autorisée par le règlement de copropriété. 
Si une décision de fermeture totale a été prise, une résolution portant sur les modalités d'ouverture, c'est-à-dire, définissant les plages horaires durant lesquelles l'accès est libre, doit, elle, être votée à la majorité de l'article 26 (de tous les copropriétaires, présents, représentés et absents, réunissant au moins les 2/3 des millièmes de la copropriété). Cette majorité n'est pas facile à obtenir et il n'est pas possible d'organiser un second vote à la majorité de l'article 25. En outre, pour rester applicables, les modalités d'ouverture doivent être revotées à chaque nouvelle assemblée générale.

Si la porte de l'immeuble est dotée d'un dispositif d'ouverture à distance (Interphone, vidéophone...), il n'y a pas besoin de voter pour des horaires d'ouverture.

Bien cordialement.

Dr. Franck DEVULDER
Président

Dr. A. 09/04/2019

Bonjour,

Je travaille dans une clinique parisienne.

Celle-ci veut brutalement demander  50 euros  de plus à tous les patients effectuant un acte sans anesthesie générale.(gastroscopie ….)

Est-ce légal dans un établissement de soins conventionné ?

Merci pour réponse.


Réponse du SYNMAD - 19/04/2019

Cher Confrère,

Les actes, notamment endoscopiques, réalisés sans anesthésie générale sont effectivement souvent mal vus par les établissements car la facturation, sous forme d'un forfait de soins externes (FSE), ne couvre pas les frais de personnel et de matériel. 

L'établissement n'est habituellement pas autorisé à facturer un supplément, sauf sur devis hors nomenclature accepté du patient au préalable.

Cordialement.

Dr. Frédéric CORDET

Secrétaire Général

Chaque année, 80.000 patients reçoivent une chimiothérapie à base de fluoropyrimidines (5 FU et Capecitabine). Cette classe thérapeutique est métabolisée par une enzyme, la dihydropyrimidine deshydrogénase (DPD), dont l'activité est variable d'un individu à l'autre. Un déficit en DPD, qu'il soit partiel (3 à 5 % des patients) ou total (0,01 à 0,05 % des patients), peut entrainer une toxicité grave, voire mortelle, en cas d'administration de fluoropyrimidines.

Deux approches permettent d'évaluer l'activité de la DPD : le phénotypage  par dosage de l'uracile circulant naturellement dans le sang, éventuellement couplé au génotypage recherchant les principales mutations à l'origine d'un déficit en DPD. L'association des 2 approches augmente modérément la sensibilité du dépistage.

En février 2018, l'ANSM s'est positionnée en recommandant le dépistage du déficit en DPD, sans préciser l'approche à privilégier (phénotypage seul ou couplé au génotypage). La principale problématique réside dans l'absence de remboursement de ces techniques.

Plus récemment, en décembre 2018, la HAS a publié un communiqué de presse émanant d'une concertation d'un panel d'experts multidisciplinaires, recommandant le dosage d'uracilémie avant toute chimiothérapie à base de fluoropyrimidine. Ce panel a considéré que le phénotypage seul permettait, à moindre coût, de repérer le déficit complet en DPD, à risque de toxicité létale. Les seuils d'uracilémie retenus sont consultables sur https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2892234/fr/des-recommandations-pour-prevenir-certaines-toxicites-severes-des-chimiotherapies-par-fluoropyrimidines

A l'heure actuelle, le phénotypage seul est possible dans certains laboratoires hospitaliers et privés (ces derniers imposant un coût moyen de 35 euros non remboursés). Le phénotypage couplé au génotypage est également disponible dans certains laboratoires hospitaliers et privés (Test breveté 5FuODPM pour un coût moyen de 150 euros non remboursés). Nous attendons avec impatience un remboursement du phénotypage seul.

Nous ne pouvons que vous rappeler l'importance de proposer à vos patients ce test, évidemment avant la première cure de fluoropyrimidine (les patients déjà traités sans toxicité sévère n'étant plus concernés). Le délai d'obtention du résultat doit être inférieur à 10 jours. Nous vous incitons à vous rapprocher de vos laboratoires hospitaliers et privés afin de connaître la disponibilité du test.

Nous attirons évidemment votre attention sur le risque médico-légal encouru en cas de toxicité sévère aux fluoropyrimidines sans recherche préalable de déficit en DPD.

Dr. Julien VOLET

Parmi les 4 priorités pour la stratégie nationale de santé 2018-2022, le gouvernement a souhaité garantir la pertinence et la qualité des soins. Le rapport AUBERT « Ma Santé 2002, un engagement collectif » définit cinq modalités de paiement, en particulier le paiement à la qualité et à la pertinence. Chacun aura par ailleurs noté que le rapport AUBERT précise que le paiement à l'acte demeurera demain une modalité importante du financement, celui-ci étant garant de la réactivité globale du système et demeurant la modalité la plus adéquate pour les épisodes uniques de soins. Le rapport AUBERT précise que cette modalité de paiement doit toutefois évoluer pour favoriser plus directement la pertinence et la diffusion de l'innovation dans le système de santé.

La gastroentérologie avait anticipé cette évolution culturelle qu'est celle de la pertinence des soins. C'est dans cet état d'esprit qu'à l'initiative de la SFED, le CNP HGE a publié à l'automne dernier les critères de qualité de la coloscopie et les critères de qualité du compte-rendu de coloscopie. Le CNP HGE travaille aujourd'hui à la définition du logiciel idéal qui devrait nous permettre de mettre les pieds dans la pertinence. Cela ne peut cependant se faire sans moyens tant organisationnels que dans le financement de la qualité. A l'instar des pays du nord de l'Europe, une fois que la profession aura défini les éléments essentiels du logiciel lui permettant d'être à la fois un logiciel de compte-rendu sans double saisie et un outil d'analyse de nos pratiques, il nous faudra le proposer à la CNAMTS avec des objectifs clairs. Oui, la gastroentérologie doit être clairement engagée dans une action de pertinence et de la qualité des soins en particulier en ce qui concerne le dépistage du cancer colorectal et des maladies digestives par coloscopie. Oui, cela ne peut se faire sans que l'Etat régalien ne mette à la disposition des gastroentérologues un logiciel adapté à leurs pratiques leur permettant de réaliser des comptes-rendus d'examens mais en même temps une analyse de leurs pratiques professionnelles dont les résultats seront partagés avec le professionnel bien évidemment mais également et de façon anonymisée avec l'INCa, la CNAMTS et le CNP HGE. Tout autre dispositif qui écarterait le CNP HGE et notre profession de ces données serait à bannir. Oui, cela ne peut pas se faire sans moyens. Encourager les gastroentérologues à modifier leurs pratiques et à utiliser un tel logiciel nécessiterait une rémunération supplémentaire pour le travail réalisé mais cela ne sera pas suffisant. Comme cela a été rappelé dans le rapport AUBERT, et comme la Ministre de la Santé l'a rappelé aux Universités d'Eté de la CSMF en septembre dernier, la pertinence et la qualité de notre exercice doivent être rémunérées. C'est d'ailleurs ainsi que fonctionnent les modèles étrangers qui nous ont inspirés. Il nous faudra donc trouver des avancées significatives afin que la valeur de nos actes bloqués depuis beaucoup trop longtemps trouvent au travers de la pertinence et de la qualité une avancée significative pour celles et ceux qui, nombreux, respecteront les critères de qualité scientifiquement définis par notre profession.

Le SYNMAD saura se montrer particulièrement vigilent pour que ces principes de base puissent être respectés par nos tutelles. Ces dernières tendent à mélanger parfois un peu vite pertinence et efficience pensant avant tout à réaliser quelques économies à court terme sans forcément mettre en avant la qualité des soins. Pour la gastroentérologie, la première action de pertinence doit être celle de la prévention des cancers et des maladies digestives par la coloscopie. Nous sommes disposés à étudier d'autres actions et en particulier la pertinence de la prise en charge du reflux gastro-œsophagien comme le souhaite la CNAM mais nous ne pourrons pas transiger sur l'action principale proposée par toute la profession au Ministère et à la CNAM.


Dr. Franck DEVULDER
Président
Avril 2019

mercredi 03 avril 2019

QUESTIONS/REPONSES - FSE

Dr. B.M-B. - 30/03/2019

Bonsoir
J'aimerais avoir un renseignement à propos de la prise en charge des polypectomies réalisées en externe sans anesthésie.
Mes associés et moi-même réalisons nos actes d'endoscopie externe, sans anesthésie, au sein d'une clinique, dans une salle dédiée à l'endoscopie, avec une unité de désinfection commune avec nos salles d'endoscopie sous AG.
Le directeur de la clinique vient de m'annoncer que la sécu refuse de payer à la clinique les FSE sous le prétexte qu'il n'y a pas de surveillance spécifique pendant que nous réalisons les polypectomies en Externe. Les FSE pour les autres actes (Fibroscopie gastrique ou coloscopie ) ne posent pas de problème.
Le refus de la Caisse est-il légitime ? Quelle solution proposée pour pouvoir continuer à réaliser des polypectomies sans AG ?
Merci pour votre réponse,

Bien cordialement.


Réponse du SYNMAD - 03/04/2019

Cher collègue,

Les actes ouvrant droit à FSE sont regroupés sur une liste établie (cf pièce jointe) annuellement par le Ministère et n'y figurent, pour l'endoscopie, que les fibroscopies hautes et la rectosigmoïdoscopie (ainsi que par extension l’écho-endo-rectale), c'est à dire des actes qui ne sont pas automatiquement associés à un code 4, c'est à dire pas éligibles d’office à une anesthésie générale comme l'est la coloscopie, qu'elle soit diagnostique ou thérapeutique. 

Pour cette dernière, on ne peut donc pas facturer de FSE mais un GHS et, alors, dans le cadre d'une hospitalisation ambulatoire. 

Si une coloscopie est réalisée sans anesthésie et qu'un GHS est facturé (vu qu'il n'y a pas de possibilité de FSE), il faudra alors le justifier en cas de contrôle T2A.

En ce qui vous concerne, l'établissement ne peut pas facturer de FSE pour une coloscopie réalisée sans anesthésie, qu'elle soit diagnostique ou thérapeutique, et cette règle date d'il y a longtemps...c'est simplement la Caisse qui s'est réveillée !  

Il faut alors facturer un GHS dans le cadre d'une hospitalisation ambulatoire et, si vous faites ces examens sans anesthésie, ce qui est votre droit, il faudra que l'établissement le justifie en cas de contrôle T2A.

Cordialement.

Dr Frédéric CORDET

Secrétaire Général

DPC et congrès scientifiques : décryptage de l'avis du comité d'éthique de l'ANDPC. Le 17 décembre 2018, le comité d'éthique de l'ANDPC, présidé par Monsieur Edouard COUTY, a tenu à rappeler la légalité de l'organisation d'actions de DPC dans le cadre de manifestations à caractère scientifique sur le territoire national. Ce rappel s'est appuyé sur les règles entourant l'organisation du DPC connues depuis 2013 et rappelées en 2015. Ce rappel a reçu un soutien unanime des Présidents des conseils scientifiques indépendants, du Président du Haut Conseil de l'ANDPC, du Président et du Vice-Président de la Fédération des Spécialités Médicales et de la Directrice de l'ANDPC. Il y est rappelé que les actions de DPC doivent répondre à des conditions de durée (3 heures consécutives s'il s'agit d'une action de formation continue sauf si cette action fait partie d'un programme intégré où c'est la durée globale qui sera appréciée ; ou 3 heures non consécutives pour les actions d'EPP ou de gestion des risques) ; de cohérence (unité thématique et pédagogique requises) et d'évaluation. En ce qui concerne les congrès, les organismes de DPC souhaitant proposer des programmes intégrés dont la phase cognitive se déroulerait au sein d'un congrès auront, soit la possibilité de réaliser cette phase cognitive présentielle dans une salle dédiée où seuls les participants inscrits au programme de DPC auront accès et cela déclenchera alors un financement de la totalité du programme tant pour le professionnel de santé que pour l'organisme de DPC ; soit la phase cognitive se déroule dans une session habituelle du congrès et, dans ce cas, seules seront financées les phases d'analyse des pratiques avant et après l'action cognitive pour l'organisme de DPC et pour le médecin y participant.

-Tous au Symposium du SYNMAD. Le symposium du SYNMAD a été, cette année, consacré à l'entreprise médicale et, tout particulièrement, à l'intérêt qu'il y aurait à réunir nos cabinets médicaux. Vous avez été nombreux à y participer et les débats ont été riches d'enseignement. Nous retiendrons de ces débats qu'il convient de partir de l'état des lieux et, en particulier, de nos difficultés démographiques actuelles et des conditions d'exercice plus complexes aujourd'hui qu'hier pour les gastroentérologues libéraux. Cela nous a permis de donner les intérêts qu'il y aurait à nous regrouper afin d'améliorer notre attractivité, d'optimiser nos plannings, d'augmenter nos capacités d'investissement, et de devenir un acteur incontournable dans l'offre de soins sur un bassin de population. Les différentes modalités juridiques vous ont été données. Les raisons entrepreneuriales ont été largement abordées et le cadre légal voulu par le gouvernement nous a été clairement explicité. Le SYNMAD reste à votre disposition pour vous encourager et vous accompagner dans ces démarches de regroupement qui ne pourront que nous servir, améliorer nos conditions d'exercice mais, également, être entendues par les tutelles à qui nous pourrons proposer un projet concret dans l'offre de soins.

La CSMF tape du poing sur la table. Il n'est pas toujours aisé d'être le premier syndicat des médecins dont l'histoire l'a conduit à participer aux différentes évolutions du système de santé mais d'être, aussi, le garant des principes d'une médecine libérale auxquels nous sommes si profondément attachés. C'est pourtant les enjeux auxquels la CSMF a su répondre au fil du temps. Cela est encore aujourd'hui le cas et le premier syndicat des médecins français l'a rappelé de façon directe et claire au cours de son Assemblée Générale qui a précédé une conférence de presse tenue par son Président, le Dr Jean-Paul ORTIZ, le 20 mars dernier. Si nous sommes conscients que notre système de santé doit être refondé et qu'une meilleure coordination entre les médecins et les professionnels de santé est inéluctable, nous rappelons avec force que cela ne pourra pas se faire sans moyens. Oui, les assistants médicaux sont une chance pour les médecins et amélioreront la qualité et l'offre de soins mais ce dispositif doit être accessible à tous, généralistes et spécialistes, secteur 1 et secteur 2, et doit être largement accompagné financièrement par une revalorisation de l'acte médical dont le niveau est de plus en plus indécent. Oui, la coordination des soins est nécessaire mais les CPTS ne peuvent être qu'un outil, n'ont pas vertu à devenir obligatoires et avoir des missions définies par quelques amendements parlementaires. Oui, enfin, un projet de loi de santé était nécessaire au vu des enjeux auxquels nous devons faire face. Notre système de santé a besoin d'être réformé et réorganisé. La médecine libérale est un atout majeur en termes d'efficience et d'accès aux soins. La période actuelle doit être l'occasion de donner, enfin, la place et la reconnaissance que la médecine de ville devrait avoir. La CSMF tient à rappeler au gouvernement qu'il s'agit là d'une opportunité et que nous ne transigerons pas sur les mesures organisationnelles et financières indispensables au succès de la réforme de notre système de santé.


Dr. Franck DEVULDER
Président
Avril 2019

La CSMF a tenu son Assemblée Générale statutaire et son Assemblée Générale politique les 16 et 17 mars derniers. Ces Assemblées Générales ont donné lieu à des débats passionnants sur les négociations conventionnelles en cours et le projet de loi de santé. Il en ressort des propositions claires du premier syndicat des médecins français. Ces propositions portent sur les trois sujets actuels qui touchent à l'exercice de la médecine libérale :

Les assistants médicaux. Deux négociations sont actuellement en cours, celle visant à terme à créer un nouveau métier, celui de l'assistant médical, et celle de l'accompagnement pour la création de ces postes. Concernant ce nouveau métier d'assistant médical, les contours se précisent avec une fonction soignante et une fonction administrative. Il est indispensable que la DGOS valide rapidement les travaux actuellement menés et permettent à tous les cabinets médicaux qui le souhaitent l'emploi d'assistant médicaux qui ne pourront qu'améliorer la qualité de l'exercice des médecins. La CSMF réaffirme sa volonté d'obtenir de moyens à la hauteur des enjeux. Aujourd'hui, la valeur de l'acte médical est très en dessous de la charge des consultations et des nécessités de l'exercice d'une médecine moderne répondant aux besoins de la population. Nous demandons donc une revalorisation significative de l'acte médical plutôt qu'un accompagnement forfaitaire. Ces mesures doivent être accessibles à toutes les spécialités médicales et ouvertes à tous les secteurs d'exercice. Nous réaffirmons avec force que tous les médecins puissent accéder à des assistants médicaux y compris les médecins exerçant en secteur 2 et que ces mesures nécessiteront une revalorisation significative de l'acte médical.

CPTS. L'idée du gouvernement, en prenant le modèle des CPTS, est de favoriser la coordination entre médecins et avec les autres professionnels de santé afin d'améliorer l'offre de soins. La CSMF réaffirme que ces communautés professionnelles territoriales de santé ne peuvent être qu'un outil parmi d'autres. Elles ne peuvent en aucun cas devenir obligatoires et la CSMF rappelle son attachement à plusieurs modèles de coordination. La CSMF s'insurge contre la définition des missions des CPTS par le biais d'un amendement retenu en commission des affaires sociales de l'Assemblée Nationale. Si cette disposition était maintenue, cela serait contraire au dialogue conventionnel et la CSMF quitterait alors les négociations en cours. La mise en place des CPTS ne peut se faire qu'en donnant aux professionnels de santé un intérêt à agir. C'est pourquoi la CSMF demande à l'Assurance Maladie de prévoir des modes de financement prenant en compte le temps important passé par les médecins à la constitution de ces structures de coordination et à ces activités de coordination. Il en va de même pour l'utilisation d'outils numériques favorisant la coordination qui doivent être financièrement soutenus pour ne pas constituer une charge supplémentaire pour les médecins libéraux. Concernant les soins non programmés, hors permanence de soins, la CSMF exige la reconnaissance et la valorisation de l'astreinte et les actes réalisés tant par les médecins généralistes que par les médecins spécialistes. Enfin, la CSMF exige l'arrêt immédiat du droit à la délivrance sans ordonnance par les pharmaciens de médicaments réservés à la prescription médicale.

Projet de loi de Santé. Sur la forme, les nombreux renvois des ordonnances nous inquiètent car cela revient à donner un chèque en blanc au gouvernement. Sur le fond, plusieurs éléments de ce projet de loi de santé en cours de discussion comportent des éléments qui nous semblent aller dans le bon sens :

  • La suppression du numerus clausus, aberration pédagogique doit s'accompagner d'une nécessaire sélection des futurs médecins afin d'assurer leur qualité de formation.
  • La réforme des ECN qui devait être complètement repensée est reportée d'un an et nous ne pouvons que le regretter.
  • La recertification : renvoyer à une ordonnance ne pourra être accepté que s'il s'agit d'un processus élaboré par la profession, sur la base du volontariat pour les médecins déjà installés et qui donne droit à une valorisation par exemple conventionnelle.
  • La création des hôpitaux de proximité peut être l'opportunité de décloisonner notre système de santé. Le législateur a cependant une lourde responsabilité dans la définition de ses missions afin que ces hôpitaux soient réellement ouverts sur la médecine de ville.
  • La création des équipes de soins spécialisés issues d'un amendement élaboré par la CSMF est une reconnaissance des soins spécialisés en médecine libérale comme la création des équipes de soins primaires a pu l'être en médecine générale.
  • La création des projets territoriaux de santé représentent à nos yeux un exemple de dérive bureaucratique. Y mettre les GHT comme partie prenante dans ces projets territoriaux nous inquiète grandement.

Alors que le gouvernement nous annonçait un texte de loi court, la CSMF constate que les multiples dispositions rajoutées en commission des affaires sociales sont de nature à créer un conflit dur avec l'ensemble de la médecine libérale. C'est en particulier le cas du rôle donné aux pharmaciens qui empiètent sur le métier de médecin au mépris de la qualité et de la pertinence. La CSMF rappelle son attachement à la liberté d'installation qui est un bien collectif qui s'accompagne du libre choix du patient et du médecin. La disposition obligeant à attribuer un médecin traitant à un patient par la CPAM est contraire à cet esprit. Si les députés voulaient détourner les jeunes générations de l'exercice libéral, ils ne procéderaient pas autrement…

Comme vous le constatez, le message de la CSMF, premier syndicat des médecins français, est parfaitement clair. Nous défendons une médecine libérale responsable de ses actes et de son engagement auprès de la population. Cette médecine libérale ne peut se concevoir sans une meilleure coordination des soins. Cela demande des moyens que tous les médecins sont en droit d'attendre, généralistes ou spécialistes, secteur 1 et secteur 2, afin que la revalorisation des honoraires médicaux soit suffisamment significative pour permettre de répondre aux enjeux de notre système de santé.

Dr. Franck DEVULDER
Président
Mars 2019

Faut-il réunir nos cabinets médicaux ?

Modérateurs :

Dr Franck DEVULDER (Reims), Dr Frédéric CORDET (Bordeaux)

  • Les raisons démographiques
    (Dr Jean-Luc FRIGUET)
    Presentation Dr FRIGUET
  • Les raisons entrepreneuriales
    (Dr Guillaume BONNAUD)
    Presentation Dr BONNAUD
  • Les objectifs de la tutelle
    (Dr Patrick GASSER)
    Presentation Dr GASSER
  • À quel prix ? Avec quelles conséquences sur nos rapports avec les cliniques ? (Mr Stéphane BERTOLOTTI, expert-comptable, commissaire aux comptes)
    Presentation Mr BERTOLOTTI
ASSEMBLEE GENERALE  

Rapport Moral - Dr. Frédéric CORDET

Secrétaire Général
Presentation Dr CORDET

Rapport financier - Dr. Denis CONSTANTINI 

Trésorier

Stand SYNMAD
 
Stand du SYNMAD SYMPOSIUM SYNMAD 2019
   
   
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