Syndicat National des Médecins Français
Spécialistes de l'Appareil Digestif

eJOURNAL SYNMAD 26 MAI 2016 - EVOLUTION DU BNC DES GASTROS : + 5.1% ! DECRYPTAGE !

jeudi 26 mai 2016 eJOURNAL

Après les chiffres de la DREES, les chiffres récemment publiés par la CARMF concernant l’évolution du BNC de tous les médecins entre 2013 et 2014 sont tombés comme un couperet pour les hépato-gastroentérologues. Notre BNC a en effet globalement évolué de + 5.1% ! Cette évolution est de 4.95% pour les médecins installés en Secteur 1 dont le BNC moyen se situe à 101 687€ et de 5.13% pour ceux d’entre nous installés en Secteur 2 dont le BNC moyen se situe à 117 253€. Certes, ces chiffres sont très éloignés de l’augmentation importante des anatomopathologistes à 10.42% ou encore des cancérologues à 18.15% et même à 29.31% pour ceux exerçant la cancérologie en Secteur 2. Nous pouvons également constater que notre BNC se situe dans la moyenne de ceux des médecins spécialistes estimés tout secteur confondu à 104 065€ alors que le BNC moyen des médecins généralistes se situe à 74 460€. Nous sommes ainsi bien loin de l’anesthésie-réanimation à plus de 164 000€, de la chirurgie à plus de 133 000€ ou encore de la cancérologie à plus de 216 000€. Cependant, force est de constater que ces beaux chiffres, saluant la qualité du travail syndical mené par le SYNMAD depuis des années, tombent relativement mal en pleine négociation conventionnelle. Ces chiffres appellent donc à un certain nombre de commentaires :

- Cette augmentation de notre BNC tient avant tout à une augmentation de notre charge de travail. En effet, les enquêtes (« Une semaine d’endoscopies en France ») et les chiffres de la CNAMTS montrent une parfaite stabilité du nombre d’explorations endoscopiques digestives pratiquées par les hépato-gastroentérologues. Nous connaissons depuis quelques années un recul régulier de notre démographie médicale. Chacun d’entre nous travaille donc un peu plus et cela explique en partie ces bons résultats.

- La ROSP (Rémunération sur Objectifs de Santé Publique) fait partie du paysage des hépato-gastroentérologues libéraux. Nous partageons cet avantage avec les médecins généralistes et les cardiologues et nombre des autres spécialités lorgne avec envie sur cette opportunité sur laquelle nous avons travaillé au SYNMAD sous la présidence de mon prédécesseur le Docteur Thierry HELBERT. La ROSP nous a permis d’améliorer nos pratiques professionnelles, amélioration constatée année après année depuis 3 ans et pour laquelle une rémunération nous est offerte. Nous ne pouvons que nous en satisfaire et souhaitons maintenir autant que faire se peut cette ROSP dans le cadre de la future convention médicale.

- Le Contrat d’Accès aux Soins (CAS). Décrié par les uns, salué par les autres, le CAS est aussi entré dans notre pratique quotidienne. Nombre d’entre nous l’ont signé. Il n’a eu que peu d’impact sur ceux d’entre nous installés en Secteur 2, les hépato-gastroentérologues ayant des compléments d’honoraires raisonnés. Il a permis à ceux d’entre nous installés en Secteur 1 mais ayant les titres nécessaires de bénéficier de ces compléments d’honoraires. Certes tout n’y est pas parfait. Le désengagement des organismes complémentaires de santé et des mutuelles est certainement l’aspect le plus gênant du Contrat d’Accès aux Soins dans sa forme actuelle. Le SYNMAD accompagne la proposition de l’U.ME.SPE/CSMF d’obtenir un espace de liberté tarifaire pour tous dans le cadre des négociations conventionnelles actuelles.

Il serait, au vu de cette analyse, tout à fait inacceptable que l’on puisse pointer du doigt les hépato-gastroentérologues qui auraient vu ainsi leurs revenus modestement évoluer au cours de ces dernières années. Cette évolution tient essentiellement au respect des engagements contractualisés avec la CNAM, qu’il s’agisse du Contrat d’Accès aux Soins ou de la ROSP mais aussi et surtout d’une activité professionnelle plus intense, réalisée au détriment de notre vie personnelle, et afin d’assurer la prise en charge de nos patients. Nous saurons porter cette analyse au sein de l’U.ME.SPE/CSMF et de la CNAMTS au moment de cette phase difficile de négociation.

Dr Franck DEVULDER
Mai 2016