Syndicat National des Médecins Français
Spécialistes de l'Appareil Digestif

Le Premier Ministre et la Ministre des solidarités et de la santé ont lancé cinq chantiers pour réformer en profondeur notre système de santé, qualifié d’à bout de souffle par Agnès Buzyn elle-même : qualité et la pertinence des soins, modes de financement et de régulation, virage numérique, formation et la qualité de vie au travail des professionnels de santé et organisation territoriale des soins.

Nous pensons indispensables la mise en œuvre de ces chantiers et nous y prendrons notre part, chacun dans le champ de ses responsabilités. Pourtant, il nous semble que si nous voulons que la réforme ait des chances d’aboutir, l’adhésion des professionnels, et singulièrement des médecins, est une condition indispensable. Or, ceux-ci réclament très largement aujourd’hui des conditions d’exercice rénovées, modernisées, qui correspondent au souhait des jeunes générations. Cela passe par une réforme en profondeur des statuts actuels des médecins, inadaptés et antagonistes.

Madame la Ministre appartient au corps des PU-PH, acronyme bien connu des acteurs de santé, moins du grand public : pour faire simple, le « corps » est celui des professeurs d’Université-praticiens hospitaliers ; il constitue « l’aristocratie » des médecins français, porteur de l’excellence dans les domaines du soin, de la recherche et de l’enseignement depuis la réforme Debré de 1958.

Les 215 000 médecins français (chiffres du Conseil de l’ordre en janvier 2016), se répartissent en trois grandes catégories, les salariés et les libéraux à effectifs quasiment égaux et un peu plus de 10 % qui ont un exercice mixte. Mais ces catégories apparemment homogènes et relativement stables dans le temps cachent une multitude de situations différentes qui varient notamment lors de la carrière : en première intention, moins d’un jeune médecin sur 8 choisit l’exercice libéral.

Constituant un corps uni pendant leurs études, les médecins subissent une étrange mutation dans leurs premières années d’exercice, en devenant soit des médecins de ville, soit des hospitaliers, c’est-à-dire soit des libéraux soit des salariés, et deviennent dès lors des ennemis quasi irréductibles, les uns ayant opté pour l’argent et le risque, les autres pour le service public et la sécurité, selon une présentation caricaturale largement et complaisamment diffusée. Certes, la réforme de Robert Debré en 1958 visait, en instituant le temps plein hospitalier, à bannir les conflits d’intérêt potentiels ou réels entre un exercice libéral primordial et une activité hospitalière secondaire mais le divorce actuel est la source de difficultés considérables :

- il engendre une quasi impossibilité à concrétiser une prise en charge des patients fondée sur des parcours et non plus sur des actes isolés. Or cette nouvelle organisation des soins demandée par les patients va de pair avec une modification de la tarification et constitue une partie essentielle de la réforme annoncée à Eaubonne.

- les indispensables coopérations entre hôpitaux et cliniques, même si leur nombre croît et battent en brèche l’idée souvent colportée d’une concurrence sans merci entre public et privé, restent entravées par des obstacles liés aux statuts différents des praticiens.

- pour exercer de la ville vers l’hôpital, les médecins doivent s’astreindre à passer des concours, alors même que l’avenir est à la certification récurrente des compétences.

- pour exercer en ville, les hospitaliers doivent changer de statut social et de régime de protection sociale.

A l’étranger, dans nombre de pays industrialisés, les médecins peuvent exercer indifféremment à la ville ou en établissement où ils ont un statut de prestataires.

Nous ne préconisons pas un grand soir statutaire, irréaliste, mais la création d’un nouveau statut mixte, en même temps salarié et en même temps libéral, qui permette l’exercice du métier quel que soit le lieu d’exercice, dans lequel s’inscriraient les nouvelles générations et, sur la base du volontariat, les médecins en exercice.

L’annonce de cette réforme, qui s’inscrit dans la même logique que celle des retraites, donnerait un signe très fort aux acteurs de santé : celui du dialogue et de la confiance.

Claude EVIN
Guy VALLANCIEN
Olivier LE PENNETIER
Jean-Paul ORTIZ
Patrick GASSER
Philippe BOUTIN
Bernard DEVULDER
Didier HAAS
Philippe DENORMANDIE
Christian ANASTASY
Benoît PERICARD

- Méfiez-vous des contrefaçons ! Le SYNMAD a pu rappeler officiellement à l’ensemble des hépato-gastroentérologues le strict respect de la checklist obligatoire validée par la HAS et régulièrement réactualisée. Nous appelons chacune et chacun d’entre vous à la vigilance et à une lecture critique face à la demande de certains de nos établissements de santé nous incitant à remplir une « checklist risque infectieux » excessive sur un certain nombre de points et insuffisante en ce qui concerne la recherche du SRAM ou du BRM chez les patients ayant eu un éventuel séjour hospitalier dans un pays étranger datant de moins d’un an en raison du risque de bactério-résistance aux antibiotiques.

 

- La mainmise de l’Etat sur les placements prudents de la CARMF. Le décret du 9 mai 2017 pourrait mettre à mal la gestion prudente des administrateurs de la CARMF élus démocratiquement par l’ensemble des médecins. Cette gestion prudente a conduit la CARMF à anticiper le choc démographique dans lequel nous sommes entrés. Force est de constater que cette gestion vertueuse destinée à préserver la solidarité et la solvabilité des générations à venir n’a pas toujours été celle des autres caisses de retraite. Les rédacteurs du décret du 9 mai 2017 guettent ainsi la vertu des administrateurs de la CARMF en remettant en cause les fruits de l’épargne et en détruisant 20 années d’efforts. La perte pour les médecins pourrait être de 1.8 Md €, imposant pour le régime complémentaire vieillesse (RCV), des réajustements pouvant se traduire par une augmentation des cotisations et au gel, et peut-être à la baisse, des allocations des retraités déjà touchées par l’augmentation non compensée de la CSG. 2018 sera une année électorale pour la CARMF. Chacune et chacun d’entre nous devra se mobiliser pour doter le Conseil d’Administration d’une équipe unie, vigilante et combattive.

 

- Décryptage de la politique de santé du gouvernement Philippe. La comprendre, c’est comprendre la stratégie nationale de santé, la loi de financement de la Sécurité Sociale, et les grands équilibres budgétaires de l’Etat. Le gouvernement a décidé de réduire le déficit de la branche « maladie » du régime général de la Sécurité Sociale de - 4.1 à - 0.8 Md €. Il s’agit d’un effort sans précédent, qui touchera sensiblement la structuration de l’offre de soins et la pertinence et l’efficience des produits de santé mais également la pertinence et la qualité des actes, la pertinence et l’efficience des prescriptions d’arrêts de travail et de transports, et le contrôle et la lutte contre la fraude. L’objectif annoncé est celui d’un retour à l’équilibre de la Sécurité Sociale à l’horizon 2020 afin que la Loi de Finance de la Sécurité Sociale alignée sur le projet de loi de finance puisse aboutir à la réduction de la dépense publique de 3 points de PIB telle que la France s’y est engagée.

 

Dr Franck DEVULDER
Février 2018

mercredi 24 janvier 2018

RESULTATS DES ELECTIONS FMC HGE

RESULTAT DES ELECTIONS AU COLLEGE LIBERAL DE LA FMC HGE

Nous remercions tous nos membres pour leur participation au vote.

Voici les six candidats qui ont été élus :


- Docteur Alain ATTAR
- Docteur Christine LEFORT
- Docteur David BERNARDINI
- Docteur Patrick FAURE
- Docteur Bertrand HANSLIK
- Docteur Hélène PILLANT LE MOULT

mercredi 24 janvier 2018

RECHERCHE ASSOCIES - BLOIS

Blois , le charme des bords de Loire à 30 mn de Tours et 1h30 de Paris Cabinet de groupe indépendant , voisin de la polyclinique  où nous disposons d'un plateau technique performant: chirurgie, oncologie, imagerie.. - Recherchons deux associé(e)s à temps plein ou temps partiel - Pas de rachat de patientèle, activité assurée. Astreintes du cabinet seulement.

Renseignements : Ph. CHATRENET - 06.44.88.23.99. ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

SOURCE du Service juridique de la CSMF  (Confédération des Syndicats Médicaux Français)

                 Exonération d'impôt sur les bénéfices en   ZFU                      

 

Pour bénéficier de l’exonération d’impôt sur les bénéfices en ZFU, les cabinets médicaux doivent répondre à l’ensemble des critères requis.

Sont éligibles, les entreprises :

  • Individuelles ou les sociétés implantées entre le 01/01/2015 et le 31/12/2020,
  • Disposant d’une implantation matérielle sur la zone,
  • Réalisant leur activité sur la zone,
  • Ayant un Chiffre d’Affaire < 10 M €
  • Détenant un capital > 75 %,
  • Ayant 50 salariés au plus,
  • Ayant signé un contrat de ville,
  • Respectant la clause d’embauche locale

Pour satisfaire la condition d’implantation en ZFU, le professionnel qui a une activité non sédentaire doit disposer d’une implantation matérielle et de moyens d’exploitation et remplir les deux critères fixés par la loi, à savoir la présence d’un salarié sédentaire et la réalisation d’au moins 25% du chiffre d’affaires en ZFU.

 

               Exercice en cabinet et en clinique          

 

Sur la problématique des médecins qui exercent en cabinet et en clinique, le Ministère des Finances y a apporté une réponse.


Pour l'application des articles 44 octies et 44 octies A du code général des impôts (CGI) dans les zones franches urbaines (ZFU), le caractère non sédentaire d'une activité est vérifié dans le cas où elle s'exerce principalement ou exclusivement chez les patients soit, en grande partie à l'extérieur des locaux professionnels, le bureau implanté en zone pouvant n'avoir qu'une fonction administrative.

Ainsi, sont notamment considérés comme non sédentaires, tels que précisés par voie doctrinale (BOI-BIC-Champ–80-10-20-20-20140625 - § 190 et suivants), les praticiens médicaux ou paramédicaux exerçant à titre individuel et disposant d'un cabinet au sein duquel ils n'exercent pas à titre principal leur activité, car les consultations se déroulent principalement chez les patients, ou qui exercent à titre individuel dans le cadre de structures d'intervention médicale ou paramédicale à domicile.


Dans cette situation ces praticiens bénéficient d'une exonération de la totalité de leur bénéfice dès lors qu'ils réalisent 25 % de leur chiffre d'affaires dans la ZFU ou qu'ils y emploient un salarié.

 

                        Activité sédentaire                      

 

En revanche, un médecin disposant d'un cabinet en ZFU au sein duquel il assure ses consultations et opérant dans une clinique hors ZFU exerce une activité sédentaire. Dans ce cadre, à l'issue des modifications apportées aux articles 44 octies et 44 octies A précités par l'article 29 de la loi no 2013-1279 du 29 décembre 2013 de finances rectificative pour 2013, visant à éviter que certains redevables sédentaires soient totalement exonérés alors qu'ils réalisent l'essentiel de leur chiffre d'affaires ou de leurs recettes en dehors de la ZFU, les exonérations prévues s'appliquent pour ces redevables au prorata du montant hors taxe du chiffre d'affaires ou des recettes réalisés dans la zone.


Par ex : un médecin disposant d'un cabinet en ZFU et procédant à des opérations dans une clinique située hors ZFU sera exonéré pour la part de l'activité réalisée dans son cabinet et imposé au titre de l'activité réalisée dans la clinique hors zone, au prorata du chiffre d'affaires ou des recettes réalisés. À l'inverse, les médecins sédentaires qui n'exercent leur activité qu'en cabinet situé en ZFU-TE et au sein duquel ils consultent leurs patients bénéficient du régime d'exonération d'impôt sur les bénéfices sur la totalité de leur bénéfice.

 

Site Questions/ASSEMBLEE NATIONALE

 

 

les bénéfices en ZFUr les bénéfices en ZFU

Région Parisienne Est (Champigny/Marne).

Cabinet de deux gastroentérologues installés en établissement hospitalier privé recherche, à partir de Mai 2018, un(e) remplaçant(e) régulier(e) avec possibilité d'association ultérieure.

Activités : consultations, endoscopies.

Contacts :

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Les premiers Etats Généraux de la Médecine Spécialisée viennent de se dérouler à Paris le 25 novembre, à l'initiative des Spécialistes de la CSMF (UMESPE).

Las de l'absence de reconnaissance de la médecine spécialisée libérale par les instances publiques, non signataire de la dernière convention quasiment entièrement dévolue à la médecine générale, la CSMF a souhaité par cette manifestation rappeler le rôle majeur que jouent les spécialistes libéraux dans notre système de soins.

En effet, si la médecine générale constitue la base du premier recours, il est temps de reconnaître la valeur ajoutée que constitue l'expertise du médecin spécialiste. Le médecin généraliste ne peut (et ne veut) pas tout gérer, et la gestion des maladies chroniques notamment nécessite l'expertise du spécialiste.

Les intervenants à cette journée ont cependant convenu qu'il ne fallait pas tomber dans l'opposition stérile entre soins de premier et de second recours, et qu'il était nécessaire de faire évoluer notre système de soins vers une meilleure coordination entre ces deux niveaux, sur la base entre autres des Communauté Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS), mais aussi du modèle des MVZ allemandes. Les MVZ sont des centres autonomes de soins de ville privés, dirigés par des médecins, regroupant généralistes et différentes spécialités.

La question de la rémunération était bien sûr à l'ordre du jour. Si notre pays consacre une part importante de sa richesse aux dépenses de santé (11 % du PIB), une forte proportion de ce financement va aux structures hospitalières, et le virage ambulatoire tant annoncé tarde à se concrétiser en termes de transfert de financement vers les soins de ville. Nous nous devons de répéter que la valorisation des actes des spécialistes est très en dessous de la moyenne des pays de l'OCDE et doit donc être revue à la hausse, quel que soit le payeur.

Enfin, la pertinence et la qualité des soins étaient à l'ordre du jour. La revalorisation de nos honoraires passera aussi par un engagement de la profession sur ce plan-là. A l'heure où certains parlent de recertification, mot qui nous paraît à bannir, et où les directions d'établissements reçoivent des ARS leur Contrat d'Amélioration de la Qualité et de l'Efficience des Soins (CAQES) qui engagent la pratique médicale (et qu'ils ne devraient pas signer sans consultation des CME…), les médecins spécialistes doivent s'engager dans des démarches de qualité des soins et d'innovation qui leur permettront d'imposer leur haut niveau d'expertise, quitte à accepter de déléguer certaines tâches…

Le bilan des débats de ces premiers Etats Généraux de la Médecine Spécialisée servira de base aux négociations futures.

Dr Frédéric CORDET

Secrétaire Général

vendredi 10 novembre 2017

Hommage au Docteur Claude MAFFIOLI

Mon Cher Claude, 
Photo Claude MAFFIOLI 2
C’est avec une très profonde tristesse que nous sommes tous réunis ce matin pour te rendre un dernier hommage. Tu devines l’émotion que j’ai ressentie quand ton épouse Béatrice m’a demandé de prendre ici la parole. Tu sais aussi combien je suis bouleversé de prononcer ici, une dernière fois à tes côtés, devant les tiens et tous ceux qui t’aiment et t’ont tant aimé, un message d’adieu qui, bien plus qu’un éloge tristement funèbre, est d’abord un immense témoignage d’affection et de gratitude.

Nous nous sommes rencontrés la première fois il y a un peu plus de vingt ans. A l’époque, le jeune chef de clinique que j’étais était sur le point de rejoindre le cabinet de gastroentérologie de Courlancy, ce cabinet que l’on appelait le “Cabinet Maffioli”. Nos premiers entretiens avaient lieu chez toi, le soir, dans un appartement où mon regard avait été d’emblée attiré par un piano à queue et des soldats de plomb. J’étais alors impressionné de découvrir que l’homme si engagé que tu étais, à Reims comme au plan national, gastroentérologue libéral éminent et Président de la CSMF, pouvait trouver le temps de peindre délicatement les uniformes des soldats de l’empire et de jouer quelques sonates sur ce piano magnifique… De ces premiers moments, je garderai le souvenir d’un homme posé, attentif et extrêmement bienveillant, à l’écoute du tout jeune confrère un peu inquiet que j’étais alors, avant son grand saut dans le monde libéral si peu enseigné à l’hôpital. Avec recul, je ne doute pas que nous ayons partagé à quelques années d’intervalle les mêmes questionnements. Tu avais toi même rejoint en 1978 ce cabinet fondé par Sacha Ségal. Sacha était l’un de pionniers de l’endoscopie digestive. Avec son ami Jean Marie Dubois de Montreynaud et le Professeur Charles Debray, il avait mis au point un œsophagoscope rigide à quartz. Ton arrivée au cabinet a apporté un nouveau souffle dans le domaine de l’endoscopie thérapeutique. Ta maîtrise du cathétérisme des voies biliaires était telle que ton recrutement dépassait très largement celui de la région Champagne Ardennes. Avec cette parfaite maitrise technique et une si profonde connaissance médicale, tu as eu soif de développer un cabinet médical d’exception. Combien de fois ne m’as tu pas dit que le plus important était là ? Combien de fois ne m’as tu pas expliqué qu’il fallait accueillir les meilleurs et leur donner tous les moyens de s’épanouir dans leur vie professionnelle ? Tu as ainsi, dans la continuité de Sacha Ségal et de Jean Diot, donné ses lettres de noblesse à notre cabinet mais aussi contribué à la grandeur du Groupe Courlancy Santé, aux côtés de ton ami Jean Louis Desphieux. Ta soif de savoir et ton souci permanent de le transmettre ont permis à des générations de gastroentérologues de se former à tes côtés. Tu as ainsi développé à Reims des Journées de formation en endoscopie. Ces journées ont ensuite été fusionnées avec les journées lilloises et celles de Saint Laurent du Var pour donner naissance à Vidéodigest, congrès qui sous l’impulsion de ton ami et compagnon de route Jean-François Rey est devenu le premier congrès international consacré à l’endoscopie digestive.

Parallèlement à ton engagement scientifique confirmé par de nombreuses publications, tu as été à l’origine de l’organisation de la gastroentérologie libérale. Les premiers cabinets de groupe étaient nés entre 1960 et 1970. L’endoscopie en était à ses tout débuts et les gastroentérologues libéraux s’associaient autour de plateaux techniques de radiologie. Après quelques entretiens aux Journées Francophones de Pathologie Digestive de Versailles en Mars 1980, 19 gastro-entérologues libéraux se sont retrouvés à Condrieu, en décembre 1981, pour fonder le CREGG, club de réflexion des gastro-entérologues. Le CREGG allait alors poursuivre 3 objectifs principaux : optimiser les conditions d’exercice des gastro-entérologues déjà organisés en cabinets de groupe, encourager et promouvoir les travaux intellectuels et scientifiques qui étaient l’apanage des seules équipes hospitalo-universitaires, et s’impliquer dans une activité syndicale aussi nécessaire que novatrice. Aussi surprenant que cela puisse être, il a fallu plusieurs tours de table pour tu acceptes de te dévouer à l’action syndicale, comme nous le souhaitions tous, parce que nous savions que le salut de notre dynamique professionnelle ne pouvait passer que par ton engagement. Chacun connaît ici ton parcours exceptionnel qui de la Présidence du SYNMAD t’a amené à prendre la Présidence de l’UMESPE puis pendant dix ans celle de la CSMF avant de devenir le Président du Centre National des Professions de Santé puis de l’Union Nationale des Professions Libérales, et de faire ton entrée au Conseil Economique, Social et Environnemental et d’être le premier médecin libéral à rejoindre le collège de la Haute Autorité de Santé. Il m’est difficile de témoigner de ces diverses fonctions que tu as occupées pendant de longues années. Je me souviens simplement de mes premiers pas à la CSMF puis à la FSM où ton nom est toujours synonyme d’un engagement sans faille et déterminé mais aussi d’une totale disponibilité, généreuse et charismatique, et d’une profonde humanité fondée sur l’écoute et le respect de chacun de tes confrères.

Permets moi, très cher Claude, de citer quelques réactions reçues depuis la si douloureuse annonce de ta disparition. Notre ami le Dr Bruno Richard-Molard évoque avec beaucoup de tristesse mon associé prestigieux auquel la discipline doit tant, et l’homme adorable et le grand médecin que tu as été. Le Professeur Olivier Goeau Brissonnière, Président de la Fédération des Spécialités Médicales, salue avec beaucoup de tristesse l’humaniste qu’il a connu, côtoyé, écouté et suivi. Il te demandait souvent conseil et nous a rappelé comment, avec sagesse, pragmatisme et conviction tu lui disais : « Regarde l’horizon, avance d’un pas, recule de deux sans te renier, puis avance de trois… ».

Oui, Claude, tu étais à la fois un grand médecin dont beaucoup de patients, aujourd’hui encore, en consultation, rappellent souvent les grandes qualités humaines et l’immense compétence, un scientifique qui a su impulser l’ère nouvelle de l’endoscopie digestive, mais aussi un homme de conviction et un humaniste salué par ceux qui ont eu la chance de travailler à tes côtés, et qui ressentaient en toi l’archétype de la confraternité.

Pour ma part, je garderai avec beaucoup d’émotion le souvenir de nos rencontres boulevard Péreire, chez toi à Paris, où en compagnie de Béatrice ou parfois seuls, nous échangions analyses et projets, toujours nourris du désir de contribuer au mieux au bien-être des patients et à la qualité des soins.

La vilaine maladie que tu as si longtemps affrontée n’a jamais terni ton ardeur intellectuelle à encourager l’avenir de la gastroentérologie, à souligner la qualité de la médecine libérale, à construire le devenir de la Santé en France dans le respect de toutes les professions qui s’y impliquent et dans le constant souci de veiller d’abord au respect des patients, de leur souffrance physique et psychique, et de leur nécessaire contribution à nos propres efforts.

A l’heure de te dire au revoir et de présenter mes très sincères condoléances à Béatrice et à tes proches, je tenais par ces quelques mots, et du plus profond de moi, à te dire merci.

Franck DEVULDER

Lundi soir dernier disparaissait le Dr Claude Maffioli des suites d’une longue maladie. Claude Maffioli a marqué toute une génération de médecins. Son œuvre dans l’organisation de la gastroentérologie et la défense d’une certaine idée de la médecine libérale fera date. Claude Maffioli, d’origine italienne, était né à Paris. Après un internat et un clinicat à Reims, il a intégré le cabinet de gastro-entérologie de la clinique Courlancy en 1978. Rejoignant Sacha Ségal, l’un des pionniers de l’endoscopie moderne, il y a développé l’endoscopie thérapeutique. Son aura et sa maitrise dans le cathétérisme des voies biliaires ont contribué à la réputation de ce cabinet et du Groupe Courlancy. Dès le début de son installation, Claude Maffioli a eu soif de transmettre son savoir et de permettre au plus grand nombre de se familiariser avec les développements de l’endoscopie.

Créateur des journées nord lotharinghiennes de gastroentérologie, il a contribué avec ses amis Jean Stéphane Delmotte, Philippe Houcke, Jean François Rey et Robert Castro à la création de Vidéodigest. En 1981, à Condrieu, Claude Maffioli faisait partie des 19 fondateurs du CREGG. C’est aussi à Condrieu qu’il s’est engagé dans l’action syndicale, à la demande pressante de ses confrères et amis. Après quelques années en tant qu’administrateur, il a rapidement pris la Présidence du SYNMAD. Homme visionnaire et de conviction, Claude Maffioli s’est imposé au sein du syndicalisme médical. Entre 1989 et 1992, il a présidé l’UMESPE avant de devenir pendant 10 ans le Président de la CSMF.

Principal artisan de l’opposition à la maitrise comptable et aux ordonnances Juppé, il a avec détermination et intelligence engagé la CSMF dans la voie d’un syndicalisme réformateur. Président du Centre national des professions de santé (CNPS) de 1995 à 1999, il a par la suite présidé l'Union nationale des professions libérales (UNAPL) de 2004 à 2007. Il a également été membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese) et le premier médecin libéral, de 2004 à 2009, à devenir membre du collège de la Haute autorité de santé (HAS), dont il a notamment présidé la commission d’évaluation des actes professionnels.

Le SYNMAD, le CREGG, la CSMF et l’ensemble du monde de la Santé rendent hommage à cette grande figure du syndicalisme qui a marqué l’histoire de la médecine libérale. Claude Maffioli était un guide au charisme exceptionnel, un défenseur intransigeant du corps médical et un visionnaire de la médecine libérale moderne.

A titre personnel, je garderai de mon ami Claude Maffioli l’image d’un homme de grande culture, discret, de conviction, et exprimant constamment et avec une profonde bienveillance toutes les valeurs essentielles de la confraternité et de l’humanisme. A Reims, Claude a su donner ses lettres de noblesse à notre cabinet médical. Il défendait avec force le modèle singulier du Groupe Courlancy qui a su rester administré par une direction médicale.

En notre nom à tous, permettez moi d’adresser un message de sympathie et d’affection à son épouse Béatrice et à ses proches et de leur présenter nos très sincères condoléances. Permettez moi de saluer avec vous la mémoire inaltérable de ce grand monsieur à qui nous devons tant.

Merci pour tout, Cher Claude,

Dr Franck DEVULDER

Président

Le SYNMAD a la douleur de vous faire part du décès, survenu hier, du Docteur Claude MAFFIOLI, ancien Président du SYNMAD, de l'UMESPE et de la CSMF. Au nom du Conseil d'Administration, nous adressons nos pensées attristées et nos très sincères condoléances à Béatrice, à sa famille et à ses proches.

Dr. Franck DEVULDER

Président

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