Syndicat National des Médecins Français
Spécialistes de l'Appareil Digestif

Les Hépato Gastroentérologues disent non au projet de réforme des DES !

lundi 13 juin 2016 Communiqués de presse

CNP HGE          CDU HGE              AFI HGE                 CNU

Santé -Sous-section 52-01
Les Hépato Gastroentérologues disent non au projet de réforme des DES !

 

A l’instar des chirurgiens et des enseignants de chirurgie, les hépato-gastroentérologues et les enseignants d’hépato-gastroentérologie dénoncent les menaces qui pèsent sur la formation mais également sur la  qualité des soins et la prise en charge des patients. La réforme en train de se mettre en place n’écoute ni les enseignants ni les internes qui ne cessent d’alerter sur cette proposition de formation au rabais de la profession.

Non, nous ne voulons pas d’une formation au rabais pour les futurs hépato-gastroentérologues !

Aujourd’hui 4 années complètes de formation sont largement nécessaires, couplées à 2 ans de formation complémentaire au cours du clinicat pour la très large majorité des Internes. La réforme prévoit un internat avec une phase socle de 1 an transversale entre les spécialités et une phase d’approfondissement de 2 ans au terme de laquelle l’interne soutient sa thèse. Soit 3 ans de formation réelle, avant d’entrer dans la phase de 1 an dite de consolidation. Durant cette phase l’interne peut remplacer, il est aussi assistant spécialiste ou équivalent. Pour l’hépato-gastroentérologie, cela veut aussi dire que l’interne maîtrise l’aspect médico-technique de la spécialité, notamment l’endoscopie diagnostique et  thérapeutique. En 3 ans, au lieu de 4, et sans certitude de réaliser un clinicat ou un assistanat, il a donc acquis l’ensemble des connaissances pour être hépato-gastroentérologue, il a fait le travail prospectif nécessaire à soutenir sa thèse et il a donc le niveau requis au niveau européen en termes de nombre d’endoscopie diagnostique et thérapeutique, d’échographies et d’explorations fonctionnelles. Mais quel est cet être rare aux multiples bras et multiples cerveaux ?

Nous demandons une phase d’approfondissement à 3 ans comme nos collègues chirurgiens car notre spécialité médico-technique ne peut s’apprendre et se digérer au fil du temps sur cette trop courte période de 2 ans. Le Blue Book européen a bien défini cette nécessité d’apprentissage et les normes à appliquer en Europe.

 

Non, nous ne voulons pas d’hépato-gastroentérologues à qualité variable !

Tout gastroentérologue doit avoir une formation de qualité dans les différents domaines de notre spécialité et cela ne se limite pas à l’endoscopie. Nous voulons des hépatologues de qualité, des spécialistes des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin de qualité, des proctologues de qualité, des cancérologues digestifs de qualité. Comment assurer cela sans un  DES à 5 ans pour permettre de subvenir aux besoins d’une population qui mérite une prise en charge de qualité ?

 

Et oui, nous les internes, voulons un DES à 5 ans !  

Une réforme de l’internat doit se faire pour et avec les internes ! L'internat est une période riche, trop vite passée, qui impacte notre pratique pour les 40 années qui suivent.


L’association Française des Internes d’Hépatogastroentérologie (AFIHGE) soutient une réforme avec une phase d’approfondissement à 3 ans.

Comment se former si vite ? Il nous parait inconcevable d’être de jeunes praticiens compétents en si peu de temps. La diversité de notre spécialité médicotechnique implique un temps d’apprentissage et d'expérience incompressible.

Comment assurer une médecine de qualité sans expérience ? Comment justifier cette inexpérience face aux patients si nous devions nous installer aussi vite ? Nous ne le pourrons pas.

Une formation complète, solide, en hépato-gastroentérologie ne peut s’envisager qu’en 5 ans, il en va de la santé des patients!

 

Docteur Franck DEVULDER                        Professeur Christine SILVAIN                    Mlle Sabrina SIDALI
Président du CNP HGE                    Présidente du CDU HGE                               Présidente de l’AFIHGE