Syndicat National des Médecins Français
Spécialistes de l'Appareil Digestif

eJOURNAL - SYNTHÈSE 2017 ET PERSPECTIVES…

samedi 29 décembre 2018 eJOURNAL

Il est difficile, en quelques lignes, de résumer l'activité syndicale et professionnelle annuelle concernant les hépato-gastroentérologues. On pourrait consacrer une longue partie de cette synthèse au DPC et au respect de l'enveloppe allouée aux médecins pour cette année qui se conclura même par une sous-exécution de l'enveloppe. On entend déjà la satisfaction affichée de l'OGDPC. Est-ce cependant une victoire aussi éclatante ? La complexité du dispositif tel qu'elle a été chaque jour renforcée n'a-t-elle pas découragé les plus téméraires à poursuivre dans la voie du DPC auquel les médecins sont très attachés ? Le DPC d'aujourd'hui où le parcours intégré semble être devenu le parent pauvre au profit de formations purement cognitives est-il encore du DPC ? Ce parcours purement cognitif n'est-il pas un signe avant-coureur d'un mode de recertification des médecins oubliant l'analyse de nos pratiques professionnelles si importante dans l'évaluation de la qualité des soins ?

Il semble logique de consacrer cette synthèse aux modifications apportées par la convention 2016 et à la hausse du revenu moyen des médecins libéraux. Le SYNMAD a plusieurs fois relayé au cours de cette année les avancées tarifaires qui ont concerné notre discipline. C'est en particulier le cas de la majoration de la MCS, de la facturation des biopsies dans le cadre de la surveillance des MICI ou de la majoration pour les consultations très complexes. D'autres majorations suivront à commencer par les majorations d'urgence et l'augmentation de la valeur de l'APC qui seront applicables au 1er janvier 2018. On retiendra également de cette année 2017 la publication des BNC des médecins libéraux pour l'année 2016. La hausse moyenne des revenus y est timide. Elle est en revanche plus marquée pour les gastroentérologues dont l'évolution du BNC entre 2015 et 2016 est, selon les chiffres de la CARMF, de +6.44% pour les secteurs 1, de 8.70% pour les secteurs 2 et de 7.42% pour les deux secteurs confondus. En l'absence de revalorisation financière, la principale explication à cette hausse tarifaire est une diminution de la démographie des gastroentérologues et par voie de conséquence, un travail accru pour chacun d'entre nous. La seconde explication est une augmentation attendue du nombre de coloscopies de dépistage inhérent à la mise en œuvre du test FIT et ce malgré un taux de participation notoirement insuffisant à moins de 30% de la population cible.

Au-delà de ces chiffres flatteurs qui sont le fruit d'un travail acharné de chacun d'entre nous, les problèmes soulevés par les spécialistes et relayés par l'U.ME.SPE/CSMF qui a refusé de signer la convention 2016 persistent aujourd'hui. Si chacun reconnait que nous sommes certainement à l'aube d'une entrée de la CSMF dans la convention, cette signature ne pourra passer que par le respect et la reconnaissance du rôle du médecin spécialiste dans l'offre de soins. Quelques indicateurs nous donnent de l'espoir, en particulier dans la volonté de la Ministre de la Santé et donc de la CNAMTS de conclure un ou des avenants à la convention visant à définir :

  • l'inscription de nouvelles mesures en faveur du développement et de l'accompagnement de la télémédecine, dans le cadre du droit commun, telle que la téléconsultation et la téléexpertise, ainsi que les modalités de leur mise en œuvre.
  • une mesure de compensation de la hausse de la CSG entrant en vigueur au 1er janvier 2018, et consistant en une participation au paiement des cotisations vieillesse de base des médecins libéraux de secteur à honoraires opposables.
Ces avancées sont cependant insuffisantes. Il est en effet important que l'Assurance Maladie puisse nous donner une réponse au sujet de l'OPTAM où les taux de groupe ne sont pas appliqués et où les plus jeunes de nos confrères qui rejoignent nos cabinets n'ont d'autres choix que d'opter pour le taux régional et non celui du cabinet qui les accueille. Il est également important que nous puissions avoir l'assurance d'un travail constructif sur de nouveaux modes de rémunération prenant en compte la pertinence des actes où Conseils Nationaux Professionnels, Fédération des Spécialités Médicales et syndicats médicaux devraient être appelés à travailler de concert. Ces nouveaux modes de rémunération n'ont pas pour objectif de remplacer le paiement à l'acte mais d'assurer une rémunération complémentaire sur des critères de pertinence, de qualité, d'efficience des soins, voire d'offre de soins.

A l'heure de vous souhaiter, au nom de toute l'équipe rédactionnelle de l'ejournal d'hépato-gastroentérologie, de très joyeuses fêtes de fin d'année et de vous présenter nos meilleurs vœux pour 2018, permettez-moi d'avoir l'espoir qu'enfin les vœux formulés ci-dessus puissent trouver un écho positif et réorienter ainsi notre système de santé sur de nouvelles bases permettant de répondre aux enjeux démographiques à venir.

 

Dr. Franck DEVULDER
Président
Décembre 2017