Syndicat National des Médecins Français
Spécialistes de l'Appareil Digestif

eJOURNAL Revenus des libéraux et comptes de la santé 2015

lundi 25 septembre 2017 eJOURNAL

La DREES publie une nouvelle mouture des revenus des médecins libéraux. Elle prend en compte l’ensemble des revenus de l’activité libérale, salariée, et les dividendes pour ceux qui exercent en SEL, expliquant la différence avec les chiffres de la CARMF. On peut d’emblée noter que les radiologues contestent le montant moyen de revenu qui leur est attribué et qui les placent en tête de gondole ! En effet, ils sont agrégés avec ceux des radiothérapeutes et des médecins nucléaires !

53,4 % des gastro-entérologues ont une activité mixte (libérale et salariée), et 30,1 % exercent en secteur 2. Leur revenu moyen en 2014, tous secteurs confondus, était de 134770 euros, soit une hausse de 1,8 % sur les dix dernières années, et de 1,2 % sur les 4 dernières, la DREES notant que pour la majorité des spécialités, les revenus ont évolué dans le même sens que les honoraires.

Le revenu moyen des gastroentérologues en activité libérale pure en 2015 (estimation provisoire) est de 120300 euros tous secteurs, en hausse de 2,5 % par rapport à 2014 (+3,1 % pour les secteurs 1). On peut être un peu surpris du revenu supérieur avec activité mixte…et du taux si important de gastro-entérologues ayant une partie de revenu salarié.

Nous sommes donc dans une dynamique positive, contrairement à certaines spécialités, même si ces bons résultats sont bien sûr à mettre en partie sur le compte d’une activité en hausse. Et si l’on met en parallèle l’augmentation de la fiscalité, on peut dire que la médecine libérale, c’est travailler plus pour gagner moins !

D’où l’importance pour le Synmad de continuer à protéger nos actes de base, de négocier la rémunération des « nouvelles » techniques, et de travailler à la valorisation de la qualité de nos pratiques.

La DREES publiait en même temps les Comptes de la Santé 2015.

La consommation de soins et biens médicaux a représenté 8,9 % du PIB en 2015, en faible hausse de 1,8 %. Elle est financée à 76,8 % par la Sécurité Sociale, à 13,3 % par les Organismes Complémentaires (OC), et à 8,4 % directement par les ménages (même si une partie des cotisations des complémentaires sont réglées aussi par eux…). Ce qui est appelé le Reste à Charge continue à baisser, et nous sommes le pays de l’OCDE où il est le plus faible.

A l’heure où l’on nous rabâche à longueur d’articles et de discours politiques qu’il existe dans notre pays des difficultés financières à l’accès aux soins médicaux, alors que l’on sait qu’il s’agit d’une contre-vérité résultant entre autres d’amalgames avec les soins optiques et dentaires, il est intéressant de rappeler l’effort important fait par la collectivité dans notre pays pour la santé, permettant une limitation du reste à charge pour les ménages notamment dans les soins de ville, malgré la réduction de la part des OC du fait du plafonnement des « contrats responsables ».

Et qu’il est donc parfaitement inutile de vouloir nous imposer un tiers payant généralisé qui n’a que pour mission de réduire la liberté de l’exercice libérale.

Dr Frédéric CORDET
Secrétaire Général SYNMAD
Septembre 2017